M'Zora Visite archéologique

Le compétent Hassan de  Lixus m'a dit  


"après le marché de T’nine Sidi Lyamani tu prends à gauche et tu arrives à M'Zora" haut lieu de l'archéologie néolithique marocaine, dont j'ai vu  plus tard une représentation au Musée de Tétouan.


Difficile à trouver, la Michelin ne correspond plus aux nouveaux travaux routiers, la route est en chantier dès le marché indiqué.

On roule on roule, aucune indication. Un vieillard  confirme que nous sommes dans la bonne direction, un autre interrogé ne voit pas de quoi je parle, la route est en réfection : goudronneuse, raboteuse et  camions de graviers !
J’arrête un mastodonte et le chauffeur descend, on parle en espagnol, il n'est pas d'ici, mais  il m’accompagne à travers champs vers deux bergers sur le pré, échanges en  berbère, espagnol, puis français  moi c'est par là-haut au carrefour à gauche ...
 
Je le remercie, en retour compliments sur les belles femmes de Beni Mellal !
On reprend la route, toujours rien, j'interroge une dame Mektoub que je comprends dans ses paroles. En effet, c'est écrit en grosses majuscules  noires CROMLEC DE MZOURA sur un mur blanc surmonté d'une grille en fer forgé.



Un très vieux vieillard, vêtu  à l'européenne d'autrefois :  chaussures anglaises très cirées, pantalon  au pli coupant comme un rasoir,  parlant  avec difficulté en trois langues européennes Madame, si Senora  tend un main tremblante et  précise  la propina en chevrotant après avoir ouvert le cadenas qui ferme le portail.



Tranquillité absolue, nous ne sommes ni importunés par le public, ni accablés par les informations.

 

Le cercle de pierres  demeure parmi la végétation, couvert de lichen, les pierres sont  inégales, plutôt modestes, sauf el Uted, qui mesure les mètres promis et,  au sol, plus loin des mégalithes brisés.


Au centre du cercle  un monticule de sable sur lequel; poussent saules et bosquets. L'herbe recouvre les lieux, des fleurs et des branches ondulent paisiblement...


Une tortue prend le soleil sur une pierre .


Une dame vaque à son four blanc  qui empiète sur le cercle magique, elle nous fait signe...

Il ne faudrait pas confondre son four à pain avec un mégalithe !


Renseignements complémentaires : les fouilles ont été effectués  sous le protectorat espagnol, le premier archéologue Luis de Montalbán y Mazas,  nommé par la République a été interdit lors de la guerre civile, ses travaux ont partiellement disparus , et ce qui reste se trouve à Valence. le second interrompu  lors de la Seconde Guerre a disparu avec ses  documents .
De nombreuses légendes sont attachées à ce lieu, et les informations au Maroc sont plutôt lacunaires et tendancieuses, les incongruités fleurissent sur le Net, à quand les Atlantes...
L'état du site indique un désintérêt  marqué  pour ce patrimoine, alors que les carrières d' Hercule  sont somptueusement mises en scène voire disneyisées. Comme me l'a dit un ami avec un soupir notre roi ne s’intéresse pas à l'archéologie.
Quant aux avis contemporains marocains, ils suintent le ressentiment . A prendre pour ce que ça vaut : ces affreux Espagnols ont bousillé notre patrimoine !

Impossible de voir les tombeaux puniques près des grottes d'Hercule, il paraitrait qu'ils sont sur la propriété d'un riche habitant. Et le site romain de Ksar el Shrir ressemble à un pâturage  ou une décharge publique. Dommage...

Meules de la grotte de la carrière Les Grottes d'Hercule


Le musée de Tétouan une très jolie villa au centre de la ville cernée d'un jardin empli de stèles puniques et romaines, je le pensai plus imposant.Il contient essentiellement les mosaïques trouvées à Lixus, ainsi que des traces des fouilles de 1936 à Mezora et des vestiges divers.
 
 

Un seul homme fait fonction de portier et de gardien, il a gardé un œil sur nous pendant toute la visite et n'a pas pu fournir de réponses à nos demandes de précisions. On a l'impression, malgré l’Intérêt des objets présentés que la muséographie des artefacts et des cartels n'a pas évolué depuis les années 1950.
L'ensemble est très statique.
 


juin 2018